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1892 Exchange on the role of Jewish peddlers between the Le Messager, a French language newspaper in Lewiston, and Solomon Robitschek, a Jewish Lewiston resident - - English translation - April 1892
private collection


   

1892 Exchange on the role of Jewish peddlers
between the Le Messager, a French language newspaper in Lewiston, and
Solomon Robitschek, a Jewish Lewiston resident

Original French version - transcription by James Myall,
English language translation is here

Le Messager, Lewiston, Maine, Avril 15, 1892

On trouvera intéressant de lire plus loin l’article intitule Le Juif Errant, dans lequel on verra le portrait de tous ces colporteurs juifs parcourant nos maisons en vendant toutes sortes de marchandises au préjudice de nos marchands qui, eux, emploient des commis et font circuler libéralement la monnaie.

Il serait à désirer que tous nos Canadiens missent à la porte ces guenillous [sic], ces marchands ambulants portant leur magasin sur leur dos et qui vivent pour ainsi dire comme des animaux. Sans doute quelquefois le juif colporteur vendra des effets à bon marché, mais ce sera pour se rattraper plus tard, et l’on peut être conviaien[t] qu’il le fera sans scrupules. Tous les tours sont bons à ces harpagons pour forcer les gens à acheter, et c’est à tout coup que l’on se laisse prendre à ses airs misérables, à ses supplications, et une fois sorti, il ne manquera pas de vous faire un pied-de-nez, tout en empochant votre argent.

D’autres fois, il ira jusqu’à employer la violence si la ménagère est seule et qu’elle montre un peu de crainte. Ce qu’il y a de mieux à faire dans ce cas, c’est de prendre le tisonnier et de frapper sur ces grippe-sous, comme on le ferait pour un chien qui se permettrait de ….salir vos tapis. Et soyez sans crainte le pedler ne se vengera pas; il se contentera de décamper au plus vite avec ses poches et vous en serez débarrassé pour longtemps.

C’est surtout chez nos compatriotes que ces colporteurs reçoivent le plus d’encouragement. C’est triste à dire, mais le fait existe. Est-il juste d’encourager ces pedlers qui n’ont ni loyers de magasin, ni commis, ni taxe à payer, et qui se fichent de vous comme de l’an quarante, tandis que nos marchands emploient de nos compatriotes, paient les taxes et se ressentent souvent d’une baisse considérable dans leur ventes. A qui la faute? C’est à nous, qui achetons de ces juifs. Certes, ceux ci seraient bien bêtes de ne pas profiter de la naïveté dont les gens leur donne l’avantage d’exploiter.

Espérons qu’après la lecture du Juif-Errant un grand nombre de colporteurs se verront fermer l’entrée des maisons canadiennes, au grand avantage de nos marchands canadiens et américains.

Le Messager, Lewiston, Maine, Avril 29, 1892
Les Colporteurs

Il parait que notre article a tombé sur les nerfs des marchands ambulants juifs qui opèrent chez nos compatriotes des Etats-Unis. Nous nous attendions à des protestations de leur part, mais cela ne nous empêchera pas de maintenir nos dires.

Qu'on lise la lettre suivante. On y verra que messieurs les pedlers, au profit desquels M. Solomon Robitscheck écrit, ne veulent ni plus ni moins que se faire un peu de réclame pour amortir le tort qu'aurait pu leur faire notre article d'il y a deux semaines:

Lewiston, Me, 1892

Au rédacteur du Messager,

Cher monsieur,

Vous avez, dans votre numéro du 15 avril, un article contre les pedlers juifs qui ne leur fait guère justice et qui n'est pas digne d'un journal franco-américain.

Il y a en cette ville environ 15 ou 20 colporteurs juifs qui sont forcés de suivre ce mode de gagner leur vie parce que leur religion malheureuse leur défend de travailler le samedi. Ils portent leur magasin sur leur dos - un ouvrage extrêmement dur - parce qu'ils n'ont pas pour des milliers de piastres de marchandises pour remplir un magasin. Ils sont presque tous pauvres, ne gagnant qu'une existence pour eux et leurs familles, bien souvent pas assez, parce qu'il y en a qui sont endettés pour les marchandises; d'autres qui ont des familles en Europe et ne sont pas capables de les faire venir. Ils paient une grosse taxe, $20 pour Lewiston ou $50 pour l'Etat du Maine, une taxe bien injuste. Plusieurs ont déjà forcés d'abandonner parce qu'ils n'avaient pas les vingt dollars voulues pour acheter leur licence. Il y en a peut être deux ou trois qui, à force de travail, ont réussi à économiser quelques piastres, les autres sont pauvres et il n'est pas juste de les attaquer. La somme de leurs ventes n'égale pas celles d'un seul marchand de la grande rue et personne n'a raison de les envier.

Les Canadiens achètent d'eux un peu parce qu'avec leurs grandes familles ils n'ont pas toujours le temps d'aller sur la grande rue pour chaque bagatelle; parce qu'ils sont charitables et quelquefois préfèrent acheter d'un homme pauvre que d'un marchand riche. Les Canadiens son assez "smart" pour prendre soin de leurs petits achats; laissez-les faire. Ce pays est assez grand et assez riche pour tous. Nous pouvons y vivre en paix, même avec le pauvre Juif-Errant. Les Juifs aiment les Canadiens et parlent en bien d'eux. Ils trouvent qu'il y en a quelques-uns qui ne paient pas les marchandises qu'ils prennent à crédit - une pratique sous laquelle les Juifs souffrent beaucoup - mais que la plus grande partie est honnête.

Les Juifs ont leur défauts, sans doute, mais vous qui savez mieux, enseignez-les; parlez-leur de Jésus-Christ, le Juif qui est mort pour eux comme pour vous. Tout pour la paix et la charité chrétienne!

Solomon Robitschek.

Ouf!

Vingt dollars de taxes par année! Ils trouvent cela exorbitant. A notre avis c'est excessivement peu; s'ils la trouvent trop élevée qu'ils laissent là leurs sacs ou plutôt leurs catalognes et qu'ils aillent travailler comme nous le faisons tous au lieu de venir nous barder à toute heure, surtout le jeudi, jour de paye dans nos filatures.

Ils se disent pauvres! allons donc, ils en ont l'air, voilà tout. Et remarquons que cet air misérable est factice et que c'est justement ce qu'il leur faut pour attendrir le cœur de nos charitables Canadiens.

A propos de cette énorme taxe, un de nos gros marchands nous disait l'autre jour "qu'elle devrait être de $500 au lieu de $20, parce que le tort que ces colporteurs causent à nos marchands en général est immense."

Certes, ils vendent à crédit, nous l'admettons. Mais il est excessivement rare qu'un pedler perde quelque compte, étant donné sa vigilance à surveiller ses créanciers, vigilance qui lui est tout à fait propre.

Ce pays est assez grand et assez riche pour tous! sans doute; mais lorsque des abus se commettent chez nos compatriotes, il est de notre devoir d'attirer l'attention là-dessus. Autrement, nous ne voyons pas l'utilité de la presse. Passe encore, si nous trouvions quelque compensation de la part des pedlers, mais nous ne nous rappelons pas avoir vu figurer ces gens dans nos œuvres de charité

Ils veulent qu'on leur parle de Jésus-Christ, le Juif qui est mort pour nous. Encore un bon mot digne des plus fins diplomates. Si on le fait, ils nous écoutent, mais ne nous répondent que par ces mots: "Toé, bonne catholique, veux-tu acheter?" Ce qui veut dire: nous ne connaissons le Christ qui si ça nous rapporte quelques sous.

Si leur religion est si malheureuse qu’ils l'abandonnent.

Il est vrai que les Canadiens son "smart" mais quelquefois les pedlers le sont davantage.

Cette lettre nous remet en mémoire quelques mots pour rire:

Un jour, un pedler entre dans une maison, s'assit et commence à dérouler ses catalognes. La jeune femme était seule et ne voulait pas de tout acheter. Après avoir épuisé sa kyrielle ordinaire, le pauvre colporteur ne savait que dire pour décider sa cliente à acheter. Il la prit du côté sensible en se disant consomptif très avancé, ayant une nombreuse famille qu'il allait bientôt laisser dans la misère, etc. Et la jeune femme acheta. Aussitôt sorti le pedler se mit à rire dans ses barbes. Est-il possible qu'un consomptif puisse porter un pareil magasin sur son dos? Non, n'est-ce pas? Eh bien, c'est comme ça qu'on laisse attendrir tous les jours.

Une fois, un de ces pedlers étaiait un magnifique châle aux yeux d'une jeune fille et comme elle paraissait tenir fort à l'objet, le prix que demanda Israël fut de $28!! La jeune fille tourna sur ses talons; c'était trop, vingt-huit piastres pour un châle. Finalement le châle fut acheté pour $12 !!! Un bon rabais, comme on le voit.

Un autre fois, un pedler entre chez un Canadien vers l'heure du diner et offre un livre de prières eu peau de mouton; "Beau livre, ça; toé vouloir acheter pour troas piasses ($3). La femme lui offre 75 cts. "Prends-lé moé bon garçon, va!" Réellement le livre ne valait pas plus.

Nos compatriotes peuvent acheter d'eux, c'est leur affaire; mais tout de même il n'est pas juste de le faire au détriment de nos marchands qui emploient des commis de notre nationalité et qui patronisent nos bonnes œuvres chaque fois que l'occasion s'eu présente.

thanks to James Myall and David Freidenreich for the information

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